Film-documentaire: Le degrè 6 du voyageur: Interview du réalisateur Nicolas Gans

Film-documentaire: Le degrè 6 du voyageur: Interview du réalisateur Nicolas Gans

   Trailer du film documentaire de Nicolas Gans:  » Le degrè 6 du voyageur «  

   

  – Bonjour Nicolas Gans, suite à la visualisation du Trailer de ton documentaire :  » Le degrè 6 du voyageur »,  j’ai décidé de te poser quelques questions concernant ton film, merci pour le temps que tu nous accordes. 

Premièrement, qu’est ce qui t’as poussé à réaliser du documentaire et de voyager à travers ce projet? 

Bonjour, merci à vous de vous intéresser à mon film. Avant ce projet, j’avais déjà réalisé un premier documentaire en Afrique sur les enfants des rues mais ça faisait longtemps que je voulais réaliser un film sur le voyage. Le documentaire s’est alors imposé comme une évidence car beaucoup moins coûteux qu’une fiction et m’offrant une liberté d’action totale.   

 

  – Pourquoi avoir traité ce sujet, comment avez vous connu Greg, personnage que tu suit durant son voyage ? 

Comme je l’ai dit, cela faisait plusieurs années que je souhaitais faire un film sur le voyage mais je n’imaginais pas le faire avec un personnage comme Greg. J’avais déjà décidé de partir en voyage avec une caméra peu de temps avant de le rencontrer. Je l’ai connu par hasard (même si je crois difficilement au hasard) comme je le raconte dans le film, dans un parc où il était gardien à l’époque. Il était rentréa en France pour voir sa famille avant de repartir sur les routes du monde. J’ai tout de suite perçu le côté dramatique (au sens théâtral du terme) chez lui ; j’ai alors décidé de repoussé mon départ de quelques mois et de partir avec lui.

 

– Avais tu planifié avec lui un itinéraire avant le départ, ou avais tu joué le jeu de le suivre au jour le jour ? Quels sont les pays traversés? 

La règle était simple ; il voyageait et je faisais un film. Mon rôle était donc de le suivre avec ma caméra et lui voyageait comme il avait l’habitude de le faire. Il n’y avait donc pas d’itinéraire spécifique mais assez rapidement, lorsque nous étions en Hongrie, Greg a décidé qu’il voulait retourner en Inde ; il avait donc une destination en tête mais la route s’est véritablement dessiné au jour le jour. La première partie du film se passe en Europe de l’Est, dans les Balkans, en Turquie et à Dubaï, la seconde  se déroule en Inde et la dernière partie se passe aux États-Unis. 

 

   

  – Certaine scènes de la bande annonce montrent Greg face à la drogue et « ses expérimentations » avec des produits …n’as tu pas peur d’être polémique à ce sujet à travers ton film, ou même de banaliser certains produits? 

Le sujet de la drogue s’est imposé à moi par le personnage de Greg ; je ne pouvais omettre cette part de sa personnalité à moins d’être malhonnête. Quant aux scènes où il y a de la drogue, je laisse le public juger de son côté polémique ou non ; ce qui est certain c’est qu’à aucun moment la drogue est banalisé dans le film, bien au contraire. Par contre j’ai décidé de montrer ce qu’il s’est réellement passé sans jamais m’autocensurer. Nous vivons une époque où il ne faut plus rien dire par peur de choquer. Les artistes et les documentaristes particulièrement doivent montrer la vie telle qu’elle est et non comment un tel ou un tel voudrait qu’elle soit. J’ai appris en voyageant à ne plus juger les gens car cela réduit considérablement les rencontres et les expériences que l’on peut faire.

 

– As tu rencontrés des difficultés pour filmer dans certains pays ou en l’accompagnant?

  Non, je n’ai jamais eu de problème pour filmer. Le seul moment où la caméra a été un obstacle, a été l’Iran (car nous voulions rejoindre l’Inde par la route), où j’ai compris qu’entrer dans ce pays aujourd’hui avec une caméra était dangereux. C’est dommage car les voyageurs que l’on a croisés sur notre route nous ont toujours dit que les gens étaient très accueillants en Iran. Du coup, nous sommes passés par Dubaï.

 

– Quels conseils donnerais tu à ceux et celles qui souhaitent réaliser un projet de ce type, ou un documentaire à l’étranger? 

Je ne sais pas si j’ai des conseils à donner ; je sais juste qu’il y a deux manières de faire des films actuellement (que ce soit en France ou à l’étranger) ; soit en entrant dans un système de production traditionnel soit en étant en marge. Il n’y a pas de bonne solution ; le système traditionnel offre un confort et une certaine sécurité mais ajoute des contraintes de réalisation. Le fait d’avoir fait un film autoproduit m’a permis d’être totalement libre; en contrepartie j’ai beaucoup de mal à faire connaître mon film et justement à entrer dans un réseau de diffusion plus traditionnel. Il faut juste être en accord avec ses choix et ce que l’on veut. La seule et unique chose à avoir, lorsqu’on se lance dans ce genre de projet, c’est foi en ce que l’on fait ; le reste c’est du temps, du travail et de belles rencontres.   

 

  – Quel est le plus beau souvenir sur ce voyage? Une anecdote peut être? 

Il y en a énormément, mais le souvenir qui me vient en tête maintenant, est la nuit que l’on a passé avec des sans-abris à San Francisco. On n’avait plus assez d’argent pour aller à l’hôtel alors on a dormi sous un pont avec eux et curieusement j’ai passé une des nuits les plus belles et les plus marquantes de ma vie car après avoir partagé un repas avec eux et un peu d’alcool ils nous ont raconté leurs vies. Et alors il n’y avait plus de caméra, de pauvres, de riches, de français, d’américains ; il y avait juste des humains qui échangeaient et rigolaient avec d’autres humains et j’en faisais partie à ce moment-là et ça fait du bien ! Et puis il y a eu le boxeur de Las Vegas ou la famille Serbe à Belgrade mais je ne peux pas révéler toutes les rencontres du film…

 

– Voyages tu souvent? ( si oui ) Quel genre de routard es tu / de quelle manière voyages tu , avec quelles valeurs? 

J’essaie de voyager dès que je peux. Je voyage bien moins intensivement que Greg. Ça va faire un an que je ne suis pas parti en voyage et ça commence à me manquer. Je ne me pose pas la question de mes valeurs ; j’essaie juste de rester ouvert, de ne pas juger les gens que je rencontre, de sortir de mon conditionnement. Le voyage est une opportunité de rencontres formidables mais il n’y a pas forcément besoin d’aller à l’autre bout du monde pour faire de belles rencontres ; il faut essayer de toujours rester ouvert aux nouvelles opportunités. Cependant, le voyage dans des pays très éloignés culturellement du notre, force à rencontrer les gens, à s’ouvrir à une nouvelle culture, à surpasser certaines peurs, sinon la solitude (quand on voyage seul) pèse assez rapidement.

Et Greg? 

Greg a fait du voyage son mode de vie ; chez lui, il n’y a plus d’un côté le voyage pour un temps donné et de l’autre la vie quotidienne, comme chez la plupart des gens. Cette barrière n’existe plus ; sa vie est le voyage ; c’est d’ailleurs pour ça qu’il était très intéressant de le suivre. 

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Qu’as tu appréciés le plus à travers ce documentaire?

  Le voyage fou que ce projet m’a permis de vivre. Je dis souvent aux gens qui ont vu le film que si j’ai réussi à retranscrire ne serait-ce que 10% de ce que j’ai vécu avec Greg, alors j’ai réussi à faire ce que je voulais faire. L’énergie, l’adrénaline, les paysages et les rencontres que j’ai partagé durant ce voyage sont le plus beau cadeau que m’a apporté ce projet, au-delà du film que je suis heureux de pouvoir partager avec les gens.   

 

  Une question technique avant de conclure: 

– Quels matériels utilises tu  pour filmer et monter ?  Le matériel varie en fonction des projets sur lesquels je suis. Pour ce projet, le challenge était de réussir à avoir le matériel le plus petit et léger possible tout en gardant une qualité professionnelle. Et je devais pouvoir tout faire tout seul, sans ingénieur du son. J’ai donc utilisé une caméra Sony HVR-A1E équipée de deux petits micros ; un micro Sony électrostatique qui prenait les sons d’ambiance et un micro Sennheiser hyper cardioïde qui prenait les sons des voix (en enregistrant le tout directement sur les bandes-vidéos). Le nettoyage du son et le mixage a quand même été très difficile. J’ai vraiment exploité le matériel que j’avais au maximum de ses capacités. Pour le montage, je travaille sous Adobe Premiere Pro. 

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-Où peux t’on visionner le film ? ( vous pouvez indiquer l’adresse et le prix ) 

Le film est actuellement disponible en VOD sur Internet à l’adresse : http://legre6duvoyageur.com Le prix de la location est de 5 € pour une semaine. Le film sera également diffusé au festival Le Grand Bivouac qui aura lieu à Albertville au mois d’octobre 2014. Je continue à chercher des diffuseurs ; que ce soit des salles, des chaînes tv, des festivals etc.

 

– Cet interview est aussi l’occasion pour toi de remercier des partenaires ou ceux qui vous ont aidé à le réaliser, je te laisse la parole. 

Et bien même s’ils le savent déjà, je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé sur ce projet en travaillant dessus ou en m’encourageant. Je remercie ma famille et les gens qui m’ont soutenu sur Ulule. Je remercie Florian et Adel de Twak Production, qui ont créer le site pour la mise en VOD du film et qui nous aident à faire connaître le projet. Je remercie l’équipe du site la Croisée des Route qui relaie les informations autour du film ainsi que le Ghislaine et le site CineChronicle. Enfin, je remercie Julie mon manager ainsi que Murielle mon attaché presse qui m’aident depuis plusieurs mois à faire connaître le film en organisant des soirées débats, en démarchant des festivals et autres. Et je vous remercie vous, pour avoir pris le temps d’en savoir plus sur mon projet. 

 

Site Internet:   http://www.legre6duvoyageur.com

Page facebook: http://www.facebook.com/LeDegre6duVoyageur

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